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Le gros cafard

  • Photo du rédacteur: Rufina Muraviova
    Rufina Muraviova
  • il y a 3 jours
  • 6 min de lecture

Résumé
Célèbre conte en vers où tous les animaux ont peur d’un immense cafard qui fait régner sa loi. Il suffira de l’arrivée d’un moineau pour changer le cours des choses et conduire le cafard à la mort. Après la mort de Staline, on a vu dans cet album une métaphore au « petit père des peuples » et à sa dictature.

Bonjour,


La dernière semaine de janvier 2026.


Ce qu’on peut dire et où l’on peut le dire.


J’ai beaucoup de choses que j’ai très envie de partager avec vous.


Mais… je sélectionne.


Le Cafard géant (1921, Korneï Tchoukovski)


Première partie


Des ours roulaient

À bicyclette.


Et derrière eux, un chat

À reculons avançait.


Et derrière le chat,

Des moustiques

Dans un ballon magique.


Et derrière eux, des écrevisses

Sur un chien tout bancal.


Les loups sur une jument,

Les lions en automobile.


Des petits lièvres

Dans un tramway.


Une grenouille sur un balai…


Ils roulent en riant,

Du pain d’épices en mâchant.


Soudain, d’une ruelle obscure,

Sort un géant effrayant,

Roux et moustachu —

Un ca-fard !

Cafard, cafard, Cafard géant !


Il rugit et il crie,

Fait frémir ses moustaches :

« Attendez, ne vous pressez pas,

Je vais tous vous avaler !

Avaler, avaler, sans pitié ! »


Les bêtes ont tremblé,

Sont tombées évanouies.


Les loups, de peur,

Se sont mangés entre eux.


Le pauvre crocodile

A avalé la grenouille.


Et l’éléphante, toute tremblante,

S’est assise sur un hérisson.


Seules les écrevisses bagarreuses

N’ont pas peur du combat :

Elles reculent, c’est vrai,

Mais leurs moustaches remuent

Et elles crient au géant moustachu :


« Ne crie pas, ne rugis pas,

Nous aussi avons des moustaches,

Nous savons très bien

Les faire frétiller ! »


Et elles reculèrent encore plus loin.


Alors l’Hippopotame

Dit aux crocodiles et aux baleines :


« Celui qui n’a pas peur du méchant

Et qui combattra le monstre,

À ce héros courageux

Je donnerai deux grenouilles

Et une pomme de pin en récompense ! »


« Nous n’avons pas peur de lui,

De ton géant-là :

Avec nos dents,

Avec nos crocs,

Avec nos sabots — nous l’aurons ! »


Et en joyeuse troupe

Les bêtes se ruèrent au combat.


Mais en voyant le moustachu

(Aïe, aïe, aïe !),

Elles prirent la fuite

(Aïe, aïe, aïe !).


À travers forêts et champs elles s’enfuirent,

Des moustaches du cafard terrifiées.


Et l’Hippopotame s’écria :

« Quelle honte, quel affront !

Hé, taureaux et rhinocéros,

Sortez de vos tanières

Et l’ennemi

Sur vos cornes

Soulevez-le donc ! »


Mais les taureaux et les rhinocéros

Répondent depuis leurs tanières :

« Nous l’ennemi,

Sur les cornes, oui…

Mais notre peau nous est trop chère,

Et les cornes aujourd’hui

Ne sont pas bon marché. »


Et ils restent là, tremblants,

Sous les buissons,

Se cachant derrière

Les bosses des marais.


Les crocodiles se sont réfugiés

Dans les orties,

Et les éléphants

Se sont cachés dans les fossés.


On n’entend plus

Que le claquement des dents,

On ne voit plus

Que les oreilles qui tremblent.


Les singes hardis

Ont saisi leurs valises

Et de toutes leurs forces

Ont détalé.


Le requin a esquivé,

D’un coup de queue a salué.


Et derrière lui la seiche,

Qui recule,

Qui roule.


Deuxième partie


Ainsi le Cafard

Devint vainqueur,

Maître des forêts et des champs.

Les bêtes se soumirent au moustachu

(Qu’il disparaisse, ce maudit !).


Et lui se promène parmi elles,

Se caresse le ventre doré :

« Apportez-moi, bêtes,

Vos petits enfants,

Ce soir, pour mon dîner,

Je les mangerai ! »


Pauvres, pauvres bêtes !

Elles hurlent, pleurent, rugissent !

Dans chaque tanière,

Dans chaque grotte,

Elles maudissent le monstre glouton.


Quelle mère accepterait

De livrer

Son cher enfant —

Ourson, louveteau, éléphanteau —

Pour qu’un monstre affamé

Fasse souffrir

La pauvre petite créature !


Elles pleurent, se lamentent,

Disent adieu à jamais

À leurs petits.


Mais un matin,

Arriva en bondissant un kangourou.

Il vit le moustachu

Et cria aussitôt :


« C’est ça, un géant ?

(Ha ha ha !)

Mais c’est juste un cafard !

(Ha ha ha !)


Cafard, cafard,

Petit cafardeau,

Bestiole maigre,

Misérable insecte !

N’avez-vous pas honte ?

N’êtes-vous pas vexés ?

Vous êtes à dents,

Vous êtes à crocs,

Et devant une minusculette

Vous vous êtes inclinés,

À un insecte

Vous vous êtes soumis ! »


Les hippopotames s’effrayèrent :

« Qu’est-ce que tu dis !

Va-t’en d’ici,

Sinon il nous arrivera malheur ! »


Mais soudain, de derrière un buisson,

De la forêt bleue,

Des champs lointains,

Arrive un Moineau.


Hop hop,

Tchik-tchirick,

Tchiki-riki-tchik-tchirick !


Il picore le Cafard —

Et voilà, plus de géant.

Il a eu ce qu’il méritait,

Et de ses moustaches

Il ne resta rien.


Quelle joie, quelle joie

Dans toute la famille animale !

On glorifie, on félicite

Le vaillant Moineau !


Les ânes chantent sa gloire en chœur,

Les chèvres balayent la route de leurs barbes,

Les béliers battent,

Battent les tambours !


Les hiboux trompettistes

Sonneront !

Les corbeaux du haut des tours

Crieront !

Les chauves-souris

Sur les toits

Agitent des mouchoirs

Et dansent.


Et l’éléphante coquette

Danse avec tant d’ardeur

Que la lune rougeoyante

Se mit à trembler dans le ciel

Et tomba en roulant

Sur le pauvre éléphant.


Et alors, quelle affaire —

Il fallut plonger dans le marais

Pour la lune,

Et la clouer au ciel

Avec des clous !


Cette fable de 1921 raconte comment un simple cafard, grâce à la peur et aux cris, devient un tyran aux yeux d’animaux pourtant bien plus forts que lui. Terrifiés, ils se soumettent sans résistance et lui donnent le pouvoir. Il suffit pourtant qu’un seul ose voir la réalité et agir pour que l’illusion s’effondre. Le conte montre que la peur collective nourrit la tyrannie, tandis que le courage et la lucidité la détruisent.



Prenons un moment, tout doucement.

Écoutons ce que cette fable murmure à nos cœurs.

Qu’est-ce qui a vraiment changé en cent ans?

La Terre est-elle devenue plus belle, nos cœurs plus doux?

Nos grands-mères vivaient dans des villages, les portes ouvertes, en confiance.

Et moi, au milieu de tout cela… quelle est la mission de ma vie?



Тараканище / К. Чуковский


Ехали медведи

На велосипеде.


А за ними кот

Задом наперёд.


А за ним комарики

На воздушном шарике.


А за ними раки

На хромой собаке.


Волки на кобыле.

Львы в автомобиле.


Зайчики

В трамвайчике.


Жаба на метле…


Едут и смеются,

Пряники жуют.


Вдруг из подворотни

Страшный великан,

Рыжий и усатый

Та-ра-кан!

Таракан, Таракан, Тараканище!


Он рычит, и кричит,

И усами шевелит:

«Погодите, не спешите,

Я вас мигом проглочу!

Проглочу, проглочу, не помилую».


Звери задрожали,

В обморок упали.


Волки от испуга

Скушали друг друга.


Бедный крокодил

Жабу проглотил.


А слониха, вся дрожа,

Так и села на ежа.


Только раки-забияки

Не боятся бою-драки:

Хоть и пятятся назад,

Но усами шевелят

И кричат великану усатому:


«Не кричи и не рычи,

Мы и сами усачи,

Можем мы и сами

Шевелить усами!»

И назад ещё дальше попятились.


И сказал Гиппопотам

Крокодилам и китам:


«Кто злодея не боится

И с чудовищем сразится,

Я тому богатырю

Двух лягушек подарю

И еловую шишку пожалую!»


«Не боимся мы его,

Великана твоего:

Мы зубами,

Мы клыками,

Мы копытами его!»


И весёлою гурьбой

Звери кинулися в бой.


Но, увидев усача

(Ай-ай-ай!),

Звери дали стрекача

(Ай-ай-ай!).


По лесам, по полям разбежалися:

Тараканьих усов испугалися.


И вскричал Гиппопотам:

«Что за стыд, что за срам!

Эй, быки и носороги,

Выходите из берлоги

И врага

На рога

Поднимите-ка!»


Но быки и носороги

Отвечают из берлоги:

«Мы врага бы

На рога бы.

Только шкура дорога,

И рога нынче тоже

не дёшевы»,


И сидят и дрожат

Под кусточками,

За болотными прячутся

Кочками.


Крокодилы в крапиву

Забилися,

И в канаве слоны

Схоронилися.


Только и слышно,

Как зубы стучат,

Только и видно,

Как уши дрожат.


А лихие обезьяны

Подхватили чемоданы

И скорее со всех ног

Наутек.


И акула

Увильнула,

Только хвостиком махнула.


А за нею каракатица —

Так и пятится,

Так и катится.


Часть вторая


Вот и стал Таракан

победителем,

И лесов и полей повелителем.

Покорилися звери усатому.

(Чтоб ему провалиться,

проклятому!)

А он между ними похаживает,

Золоченое брюхо поглаживает:

«Принесите-ка мне, звери,

ваших детушек,

Я сегодня их за ужином

скушаю!»


Бедные, бедные звери!

Воют, рыдают, ревут!

В каждой берлоге

И в каждой пещере

Злого обжору клянут.


Да и какая же мать

Согласится отдать

Своего дорогого ребёнка —

Медвежонка, волчонка, слоненка,-

Чтобы несытое чучело

Бедную крошку

замучило!


Плачут они, убиваются,

С малышами навеки

прощаются.


Но однажды поутру

Прискакала кенгуру,

Увидала усача,

Закричала сгоряча:

«Разве это великан?

(Ха-ха-ха!)

Это просто таракан!

(Ха-ха-ха!)


Таракан, таракан,

таракашечка,

Жидконогая

козявочка-букашечка.

И не стыдно вам?

Не обидно вам?

Вы — зубастые,

Вы — клыкастые,

А малявочке

Поклонилися,

А козявочке

Покорилися!»


Испугались бегемоты,

Зашептали: «Что ты, что ты!

Уходи-ка ты отсюда!

Как бы не было нам худа!»


Только вдруг из-за кусточка,

Из-за синего лесочка,

Из далеких из полей

Прилетает Воробей.

Прыг да прыг

Да чик-чирик,

Чики-рики-чик-чирик!


Взял и клюнул Таракана,

Вот и нету великана.

Поделом великану досталося,

И усов от него не осталося.


То-то рада, то-то рада

Вся звериная семья,

Прославляют, поздравляют

Удалого Воробья!


Ослы ему славу по нотам поют,

Козлы бородою дорогу метут,

Бараны, бараны

Стучат в барабаны!


Сычи-трубачи

Трубят!Грачи с каланчи

Кричат!

Летучие мыши

На крыше

Платочками машут

И пляшут.


А слониха-щеголиха

Так отплясывает лихо,

Что румяная луна

В небе задрожала

И на бедного слона

Кубарем упала.


Вот была потом забота —

За луной нырять в болото

И гвоздями к небесам приколачивать!

 
 
 

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